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5 mars 2007

Le gouvernement au Congo

par Paul


Coordination Provinciale pour la
protection de l'environnement,
province de l'Equateur,
République Démocratique du Congo
© Greenpeace/Reynaers
Je suis sur le pont Adolphe, avec Stefan, le campaigner forêt et nos partenaires congolais Cyril et René, les responsables d'ONG qui travaillent au coeur de la forêt équatoriale, pour le respect des peuples autochtones et de leur environnement. Je suis en train de leur expliquer l'histoire de la ville, la forteresse, la cathédrale, le rôle et le poids de l'église catholique, la femme en or, la place financière et que sais-je encore. Il nous reste une vingtaine de minutes avant de nous rendre auprès du directeur du Trésor, Jean Guill et du Directeur de la Coopération, Marc Bichler, le dernier des cinq rendez-vous que j'ai organisé pour le lancement de la campagne "Il faut sauver les forêts du Congo!"

Cyril et René m’écoutent attentivement, ils ont froid, malgré ce début d’après-midi plutôt clément et ensoleillé. Ils posent des questions, essayent de bien comprendre mes explications. Tout comme moi, une heure plus tôt lorsque nous déjeunions ensemble, j’essayais de bien comprendre leur effroyable réalité. Ils regardent la Pétrusse, gonflée des eaux de pluie des derniers jours. Pour mettre fin à la petite séance touristique et nous ramener à la réalité, Stefan lance: "Vous voyez, cette rivière, c’est le fleuve Congo du Luxembourg". Son bon mot nous fait rire et nous remet en route, vers le ministère des Finances.

Flash-back.

La veille, nous avons rencontré Lucien Lux, le ministre de l’Environnement; bon accueil, beaucoup d’intérêt, la promesse d’une intervention au niveau du gouvernement, ainsi que celle d’étudier la possibilité d’utiliser le réservoir de CO2 que constituent les forêts congolaises, encore quasiment intactes, dans les mécanismes internationaux de lutte contre les changements climatique, ce qu’on appelle dans le jargon les négociations post-Kyoto.

Sur l’heure de midi, c’était au tour de Nicolas Schmit de nous recevoir. Chez le ministre délégué aux affaires européennes, notre accent porte sur l’absence de gouvernance en RDC et l’urgence d’agir pour préserver les forêts. Le message passe rapidement, nous convenons de nous revoir dans les prochaines semaines pour affiner concrètement les moyens d’actions du gouvernement luxembourgeois au niveau bilatéral et européen; une nouvelle fois la piste "préservation de la forêt contre financement" est évoquée dans le cadre des futures négociations post-Kyoto.

Entre les deux rendez-vous ministériels, une conférence de presse et la veille encore une rencontre très fructueuse avec les ONG luxembourgeoises.

16:00 heures, nous sortons du ministère des Finances.

Ouf, le message est passé. Oui, il y a urgence. Oui, le Luxembourg peut et va intervenir auprès de la Banque mondiale et "intervenir de façon insistante" (dixit Jean Guill) auprès de nos représentants à Washington. Oui, il va falloir réfléchir avec les autres bailleurs de fonds à une meilleure politique d’aide au développement. Oui, la RDC a besoin de temps pour construire l’Etat. Oui, la Banque mondiale est un élément crucial dans la politique d’exploitation durable et de la préservation des forêts équatoriale. Oui, les forêts du bassin du Congo constituent un patrimoine mondial à sauvegarder. Oui, le Luxembourg devra payer pour sauver les forêts congolaises.

Les bonnes intentions ont été exprimées. Il n’y a pas eu de réticences. C’est un premier pas important. Il faut maintenant transformer l’essai en actes. Ce sera comme toujours le plus dur.

Bonne journée,

Paul

Publié par cgreisch le 5 mars 2007


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