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19 mars 2007

La faillite

par Paul

Je me suis interrogé sur l'aveu de faillite de Jean-Claude Juncker. Affirmer la faillite du Luxembourg en matière de politique pour répondre aux défis climatiques, qu'est ce que ça veut dire?

Comprendre les spécialistes ce n'est pas toujours facile, j'ai donc consulté internet. Cette déclaration venant de la part du ténor du CSV, j'ai préféré consulter parmi les possibles, le site du Business Center de l'Université Catholique de Louvain. Bien que n'ayant pas fréquenté cette université, la proximité idéologique entre le chef du gouvernement et l'honorable établissement belge, nous permettra de mieux cerner le discours du Premier.

Je me suis enfin permis de remplacer les termes économiques par leur équivalent politique.

"La défaillance étant un phénomène naturel en politique vivant sous régime démocratique, il est donc normal que les hommes politiques faisant des propositions non viables en matière de lutte contre les changements climatiques, disparaissent".

La faillite en matière climatique est une situation d'échec politique du gouvernement reconnue devant tous les citoyens.

Cette procédure s'applique lorsqu'un gouvernement perd sa crédibilité, en ce sens qu'il n'est plus en mesure d'honorer ses engagements politiques, pour autant que les conditions suivantes soient remplies:

  • Le gouvernement est issu d'élections démocratiques;

  • Le gouvernement est incapable d'apporter des solutions aux problèmes posés par les changements climatiques et ceci de manière persistante;

  • Le crédit est ébranlé.

La déclaration de faillite en matière climatique peut se faire:

  • Sur aveu du Chef du gouvernement;

  • Sur citation lancée par des électeurs ou leur représentant tel les ONG de défense de l'environnement.

La faillite en matière climatique, une fois déclarée, fera l'objet d'une publication dans tous les médias du pays pour que tous les citoyens puissent en prendre connaissance.

L'origine de la mise en faillite en matière climatique peut s'expliquer par une situation de difficulté de la société, la crise climatique. Le gouvernement qui, après avoir contracté des engagements internationaux et n'a su détecter ses défaillances lui permettant d'y répondre, se retrouve en difficultés politiques devant ses partenaires, se voit contraint de présenter un bilan ridicule, la seule issue lorsque le constat est à ce point décevant étant:

  • Clôture pour cause d'actes insuffisants
    Démission du gouvernement pour cause d'actes en matière de lutte contre les changements climatiques insuffisants. Le pays n'est pas dans une meilleure situation mais il a des chances de restaurer sa crédibilité.
  • Accord après la faillite
    C'est un accord collectif par lequel le Chef du gouvernement est remis à la tête du pays et bénéficie d'un sursis pour enfin mettre en place une politique permettant de répondre aux engagements contractés internationalement.
  • Liquidation de la faillite
    Lorsqu'un accord est intervenu ou après la dissolution d'un accord, on procède à la liquidation du gouvernement en place. Le peuple procède au licenciement du gouvernement et espère que les prochaines élections permettront au nouveau gouvernement d'enfin mettre en place une politique efficace en matière de lutte contre les changements climatiques.

Alors maintenant que tout cela est plus clair, que choisira le gouvernement et que choisissez vous?

Bonne journée,

Paul

Publié par cgreisch le 19 mars 2007


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Commentaires:

L'idée est assez intéressante, mais concrètement, je vois mal comment ça sera mis en place... Un aveu de faiblesse ne se fait jamais seul, ce serait donc plutôt à un parlement de pousser le gouvernement à admettre la faillite, non?

Peut-on avoir un lien sur cette proposition? J'vaous ne jamais en avoir entendu parler jusqu'à aujourd'hui...

Ecrit par Juliette le 20 mars 2007


Chère Juliette,
L'aveu de faillite en matière climatique a été fait, sans doute par inadvertance, par notre Premier ministre peu de temps avant de se rendre au Conseil européen qui a décidé des mesures à mettre en oeuvre au niveau européen (-20% d'émission de gaz à effet de serre, 20% d'énergie renouvelable et 20% d'efficacité énergétique) pour lutter contre les changements climatiques.
Il va sans dire que "l'état CSV" a géré la société luxembourgeoise sans tenir compte du défi climatique, en boostant les recettes liées par exemple au tourisme à la pompe (15 à 20 % des recettes de l'Etat) pour financer les projets sociaux cher à ce parti (mamenrent, maison relais, salaire des fonctionnaires,...).
Mais comme disait ce brave Lafontaine "tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se brise". A force de s'enfermer dans une logique de recettes/dépenses qui n'intègrait aucune dimension environnementale, le climat a finit par rattraper notre fringuant europhile de Juncker. En d'autres mots, Juncker vient de se rendre compte qu'il ou plutôt que le Luxembourg, ne sera pas en mesure d'assurer les engagements climatiques pris au niveau européen et je t'assure que la perspective de devenir un mauvais élève ça la met plutôt mal pour un habitué des éloges et de la première place.
Bref tout ceci étant dit, je me suis amusé à plagier une partie d'un cour sur la faillite que j'ai pioché sur internet. Tu as pu donc lire la première définition de la "faillite climatique". Je la complèterai avec ta remarque:"Le parlement doit mettre en faillite climatique le gouvernement qui en a fait l'aveu".
Merci et bonne journée
Paul

Ecrit par Paul le 23 mars 2007


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