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21 février 2007

A la mémoire d'Eric

par Paul

Je sais, il y a quelque chose de pathétique à écrire une épitaphe à mon ami Eric, que personne ou presque ne connaît au Luxembourg. Mais que voulez-vous, j'ai appris sa mort vendredi dernier, alors qu'il a arrêté de respirer quelques jours avant la Noël. Je l'ai apprise par hasard en téléphonant à un ami commun. Comme quoi, le hasard ne fait pas toujours bien les choses. En parlant de lui, ça nous laissait, en quelque sorte, encore un peu de temps ensemble, car pour aller boire un dernier canon, ça me paraît difficile maintenant.

Eric avait une ou deux années de plus que moi, pourtant dans notre relation, j’étais plutôt le grand frère. L’âge n’est pas toujours un bon indicateur en amitié. C’est le plus sérieux qui rappelle l’autre à l’ordre, c’est le plus instruit qui répond au questionnement, c’est le plus humble qui laisse l’autre parler le premier, … on pourrait ajouter d’autres éléments à cette liste, mais je pense que vous comprenez exactement ce que je veux dire.

Eric était un poète de l’existence. Il avait une façon si détachée de voir et de vivre les évènements, avec ses définitions personnelles des petits riens de la vie, ses réflexions personnelles qu’il pouvait placer au détour d’une conversation, pour parler du bus, de la bière ou de la pluie et du beau temps était de la poésie à l’état pur, entre Breton et Apollinaire ou plutôt entre Prévert et Rabelais. Oh, ce n’était pas à proprement parler un amoureux de la langue française à la recherche du mot d’esprit. Non, loin de là, chez Eric, sa poésie était naturelle, ça lui sortait droit du cœur ou du bide, parfois à plat, parfois, comme un éléphant sur la tour Eiffel, mais un peu plus tard ou beaucoup plus tard, s’était selon, en y repensant, ça nous épatait ses réparties loufoques ou déjantées et la plupart du temps ça nous faisait marrer.

Eric était un curieux, curieux de comprendre, curieux d’apprendre, curieux des gens et des choses. Comme les curieux en général, il était très conscient d’être très loin de la Vérité, mais il s’en foutait, … ou pas.

Eric aimait bien mon côté écolo,
J’aimais bien son côté Anar,
Eric n’aimait pas mon côté donneur de leçon,
J’aimais pas son côté à quoi bonnisse,
Eric aimait bien que je ne me prenne pas trop au sérieux,
J’aimais bien discuter sérieusement avec lui,
Eric n’est sûrement pas content d’être de l’autre côté du miroir, … quoi que…,
Je ne suis carrément pas content qu’il s’en soit allé sur la pointe des pieds, sans rien dire.

Il y a des jours où la vie n’est pas belle du tout.

Eric Bouju est mort le 22 décembre 2006, que ceux qui le connaissait aient une pensée pour lui et que ceux qui ne le connaissait pas en aient une pour ses proches et ses amis.

Bonne journée

Paul

Publié par cgreisch le 21 février 2007


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Commentaires:

Très touché par la découverte de ton texte sur le blog. Il figure déjà dans l'An 1 Après Bigou, que je ne t'ai pas encore envoyé. Mais le fait qu'on trouve trace d'Eric sur Internet est en soi merveilleux. Grace à toi, il devient connu du monde entier. Merci l'ami.
François Meyronein

Ecrit par meyronein le 19 mai 2008


Eric, tu as encore réussis à me bouleverser...
Tu m'as rendu triste, très triste.

Mais pourquoi être triste ?

N'es-tu pas encore vivant puisque au hazard d'une recherche sur Google tu m'as encore ouvert d'autres pistes dans cette douce jungle qu'on appelle la vie ?

Merci, Eric, d'avoir vécu. Merci, Eric, de t'avoir connu...

Ecrit par Oscar le 29 janvier 2009


j'aimerais renouer le contact avec Oscar, l'auteur du texte du 29 janvier 09.
f.meyronein@wanadoo.fr

Ecrit par meyronein le 15 juillet 2009


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