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2 mars 2007

Splendeur noire d'encre

par Celeste, à bord de l’Esperanza

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Phoques de l'Antarctique
© Greenpeace/Beltra
Voici un petit article écrit par Celeste il y a quelques jours, à propos de ce qu'elle a vécu dans la Mer de Ross le week-end dernier.

Samedi restera dans l'histoire comme un des jours les plus phénoménaux de ma vie. Comme vous le savez, la glace avançait vers nous à une vitesse incroyable, et quand nous nous sommes réveillés samedi matin, elle était là. Le capitaine Frank et ses matelots compétents ont décidé que notre bateau allait traverser la glace. Cela fait un bruit infernal - craquements, grincements difficiles à imaginer - et le bateau tangue quelque peu, mais c'est aussi magnifique à regarder - oubliez les icebergs, c'est la banquise que je préfère.

Donc, quand vous regardez la glace et l’eau, vous voyez un lit de mousse blanche, avec de magnifiques sculptures de glace qui s’élèvent. Puis, alors que le bateau avance dans la glace, de magnifiques tons de bleu sont révélés, juste sous la surface, dans la partie des bouts d’iceberg submergés; puis, la Mer de Ross se révèle dans toute sa splendeur noire d’encre… Je pourrais regarder ce spectacle pendant des heures.

Alors que nous avançons dans la glace, nous aimerions aussi rencontrer des phoques – ces créatures dorment jusque tard dans la journée sur leur bout de glace préféré. Alors que nous passions à côté d’eux, le premier paraissait complètement indifférent et continuait à faire sa sieste alors que cet énorme bateau bleu avec un énorme arc-en-ciel à l’avant naviguait à côté de lui. Finalement, il se réveille, grogne un peu, fait comme si nous n’étions pas là, se gratte, grogne encore un coup, se secoue et tranquillement glisse dans l’eau. Grandes et molles créatures qu’ils sont, ils savent pourtant bien se promener sur la glace.

A ce moment là, je suis presque congelée, mais j’ai encore envie de regarder.
Nous continuons à travers la banquise, et en allant de l’autre côté, nous voyons un autre phoque endormi, qui décide de se réveiller et de nous faire un spectacle. C’était incroyable. Bien sûr, il y avait les inévitables grognements. Je ne suis pas sûre que les phoques soient comme les chiens – quand ils se roulent sur le dos, ils se soumettent – mais je crois bien que oui. Celui-ci s’est tourné et retourné et contorsionné plusieurs fois, exposant son ventre comme pour une caresse. Il a gratté son ventre – adorable – mais ensuite, il a commencé à s’avancer et se reculer en nous aboyant dessus, puis s’arrêtait et enfonçait sa tête dans la neige… attendait un peu et ressortait sa tête – imaginez un peu – j’étais extatique. Il a recommencé plusieurs fois, et en ressortait avec de la neige couvrant son nez et ses yeux. Je crois qu’en fait, ils font tous ceci pour faire leur lit. Cela met leur corps sous le vent, avec leur dos au même niveau que le haut de la glace. Donc, il descendait dans son nouveau lit, puis se levait, nous disant de partir, puis retournait au lit.

Arrivés aux confins de la banquise, voilà que retentit un cri – «DES ORQUES!»

Tout du long, des albatros suie (couleur chocolat) et des pétrels blancs volaient autour de nous. Que dire – cet endroit est magnifique.

Plus tard, après avoir fini mon travail et pris une douche, je suis retournée à l’avant du bateau. Le coucher de soleil était incroyablement beau – c’était comme Dieu qui nous remerciait dans le ciel. Et l’incroyable est que les couchers de soleil durent très longtemps ici. Nous sommes restés à la proue pendant plusieurs heures à nous enivrer de ce spectacle.

- Celeste

Publié par cgreisch le 2 mars 2007


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Commentaires:

C'est vrai, je préfère ce noir d'encre là à celui de l'Erika!

Ecrit par marianne le 3 avril 2007


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