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21 février 2007Ecouter ce que les baleines ont à dire
par Dave, à bord de l'Esperanza
Plus tôt pendant cette expédition, nous avons reçu quelques commentaires désagréables dans le blog sur notre soit disant "visite touristique". Pour être honnête, ici, dans l'océan Austral, il semble qu'à chaque fois que vous jetez un coup d'il au hublot, quelque chose de magnifique flotte, vole ou nage à côté de vous. Mais encore plus de choses se passent sous la surface. Là où nous nous trouvions plus tôt aujourd'hui, la Mer de Ross faisait 400m de profondeur, et vous pouvez parier qu'il se passe plein de choses là-dessous.Un des avantages d’être coincé ici sur la Mer de Ross à côté du Nisshin Maru en panne, c’est que nous avons beaucoup d’opportunités pour faire de la recherche. Hier, pendant une conversation radio avec la flotte baleinière, Sakyo a mentionné que nous avions mis nos canots à l’eau. La réponse de la flotte baleinière a été, «cherchez les baleines bleues – il y en a pas mal dans le coin». Comme les baleines bleues sont une espèce protégée, nous supposons que la flotte ne compte pas du tout les chasser pour l’instant, mais nous avons trouvé assez amusant de recevoir des conseils en observation des baleines, vu la provenance de l’information. Il n’est pas trop tard pour faire du Nisshin Maru un bateau d’observation des baleines…
Jusqu’ici nous n’avons pas encore vu de baleine bleue, seulement des baleines à bosse, des baleines de Minke et des orques, mais peut-être en entendrons-nous une?
Nienke et Jetske ont travaillé avec l’hydrophone – c'est-à-dire partir dans un de nos plus petits canots, le Novi, avec une grosse bobine de câble et un enregistreur audio. Je les ai accompagné, histoire de quitter l’Esperanza pour quelques instants. Quitte à se promener en bateau, la météo ne permet pas une balade en short et t-shirt. Je portais deux épaisseurs thermales, un pull en laine et ce qu’on appelle une combinaison de bébé – un vêtement une pièce en fleece assez inélégant. Un ciré de marin par-dessus – et l’on est emmitouflé du cou jusqu’aux pieds, bottes incluses.
Une fois dehors, Jetske utilise le GPS pour s’éloigner de l’Esperanza et trouver un endroit agréable au milieu de la glace pour enregistrer. Nienke connecte tous les câbles. D’un côté du câble se trouve un ustensile en forme de saucisse, plein de liquide – l’hydrophone, une sorte de micro sous-marin. On le laisse tomber sous le bateau, et on le connecte à un enregistreur digital.
Puis, on s’installe et on écoute. L’océan est un endroit plutôt bruyant, et les bateaux à moteur n’arrangent pas les choses. Avant leur apparition dans les océans, le bruit de fond pouvant couvrir les chants des baleines était de 35 décibels. Dans les océans modernes, il monte jusqu’à 55 décibels.
Pour l’instant, il n’y a que sept bateaux baleiniers, une Esperanza et peut-être un bateau des gardes côtes américains qui se promènent quelque part. Si ujamais il y en a d’autres, nous ne l’avons pas entendu. Donc, la Mer de Ross est plutôt calme – mis à part le bruit de la glace.
Hier, on a réussi à enregistrer quelques sons de baleine, qui ont été envoyés à Rochelle Constantine, expert en matière de cétacés, à Auckland. Elle a identifié les sons comme «non- baleine» - c’est-à-dire qu’il s’agit d’une baleine à mâchoire, comme un orque ou un cachalot. Nous parions sur un orque, puisque qu’il y en avait beaucoup autour de nous récemment.
Voici un fichier mp3 qu’il faut écouter attentivement – il y a beaucoup de bruits de fond, mais le son de la baleine reste audible.
Téléchargez le son de baleine (mp3, 136kB)
- Dave
Publié par cgreisch le 21 février 2007
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