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18 février 2007Arrivée sur scène avec la flotte baleinière
par Melanie, à bord de l’Esperanza
Samedi matin à 7 heures, j'étais sur le pont avec mon café du matin, quand Zeger, le troisième matelot, a aperçu le Nisshin Maru et les autres navires de la flotte baleinière aux jumelles. En nous approchant, nous avons vu que le navire de réapprovisionnement Oriental Bluebird était sur un côté de la Nisshin Maru, alors qu'un des harponniers était de l'autre.Deux autres harponniers restaient à proximité du Nisshin Maru. Derrière nous était le briseur de glace des gardes-côtes américain Polar Sea. La Polar Sea faisait comme nous : elle s’approchait du Nisshin Maru pour évaluer la situation.
A 8 heures, nous avons appelé le Nisshin Maru par radio, mais il n’a pas répondu, ce qui n’était pas surprenant puisque qu’il venait de subir un incendie et n’avait sûrement plus de courant. Nous avons appelé le harponnier Yushin Maru, et leur avons dit que nous étions ici pour les assister. Le Yushin Maru a répondu qu’il serait pratique si nous pouvions évaluer les conditions de la glace autour, et qu’il serait peut-être utile que l’Esperanza les aide à naviguer une fois que le remorquage aura commencé. Depuis, nous sommes en stand-by, en attendant de voir si le Nisshin Maru et la flotte ont besoin de quoi que ce soit, nourriture, eau, couvertures, assistance médicale ou autre chose.
Nous avons eu de nombreuses conversations avec la flotte baleinière tout au long de la journée, pendant laquelle ils nous ont tenus au courant de leurs progrès et nous leur avons donné des informations sur l’évolution de la couche de glace. A environ 15 heures samedi, la flotte nous a contacté pour nous donner une nouvelle mise à jour, et à ce moment ils nous ont informés qu’ils avaient trouvé le corps de leur membre d’équipage manquant.

Sakyo et Melanie sur le pont de l'Esperanza © Greenpeace/Beltra
Je n’ai pas besoin de dire que ça a été une journée riche en émotions. Mes pensées vont à la famille du membre d’équipage et ses amis, ainsi qu’au reste de l’équipage du Nisshin Maru. Je n’arrive pas à imaginer comment ils se sentent en ce moment. C’est une tragédie terrible. Ils restent dans mes prières.
J’ai souvent lu des récits où la tragédie et le malheur font tomber les murs et transcendent les différences entre les gens. Je sais que maintenant, ma plus profonde sympathie est pour l’équipage des bateaux à quelque distance. Il semble qu’ils apprécient que l’Esperanza soit ici, en stand-by, et prête à aider, et qu’ils n’hésiteraient pas à nous demander de l’aide s’ils en avaient besoin. A des moments comme ceux-ci, les murs tombent, et l’esprit de compassion, gentillesse et coopération prennent la place. Du moins, c’est ainsi que je considère les choses de mon point de vue.
Aussi samedi, l’Institut de Recherche sur les Cétacés a annoncé que le Nisshin Maru n’accepterait aucune aide de Greenpeace, puisque nous serions des «terroristes». J’espère que les responsables de l’IRC assis au chaud à Tokyo se sont enfin rendus compte que la non-violence est la base de nos actions, et que le «peace» dans Greenpeace est une partie intégrale de nos mots et de nos actions.
- Melanie
Publié par cgreisch le 18 février 2007
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