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21 novembre 2006ICCAT - Vu de l’intérieur: update No. 5
par Stéphan, à bord du Rainbow Warrior
Mardi 21 novembre; Rapport de la «Cour des Comptes»
Ce matin c’est la «Commission de Mise en Application» (COC) qui constituait la première partie du planning. En fait, ce que revêt ce COC c’est la pêche Illégale sous toutes ses formes.
Nous avons eu droit (liste non exhaustive):
· Au catalogue des absences de déclarations, des déclarations incomplètes, incohérentes et incompréhensibles;
· À un florilège de pavillons de complaisance et d’immatriculations factices;
· À un passage en revue des bateaux fantômes, de ceux qui sont doués d’ubiquité en étant présents le même jour dans deux ports distants de plusieurs milliers de km;
· À une liste de pavillons de complaisance et navires apatrides
· À des transbordements bizarres, le bateau recevant le chargement déclarant deux fois plus que celui qui avait pêche ou l’inverse suivant le «taux de remplissage» du quota du bateau pêcheur.
· À des exemples de bateaux pirates qui sont allés se «blanchir» en s’immatriculant dans un état membre de l’ICCAT bien que les statut l’interdisent en théorie;
· À des quotas vendus deux voire trois fois et à des cargaisons déclarées également plusieurs fois dans différents endroits et pour des valeurs différentes.
En résumé, en une heure et demi un panorama démontrant ce que nous affirmons depuis toujours: Tant que l’ICCAT ne sera qu’une instance administrative et scientifique chargé de la collecte des données et de l’organisation des meetings et qu’elle ne disposera pas de moyens opérationnels de police des mers il sera difficile de gérer correctement le stock…
Personne n’a le monopole de ce «sport national»: aussi bien les petits états disposant de quotas ridicules que les «cadors» du secteur rivalisent d’imagination avec un seul objectif en tête : dissimuler leur réelle activité, leur tonnage effectif de captures et maintenir ainsi un flou aussi artistique que possible sur l’état du stock.
En ce qui concerne les dépassements de quota, «normalement» tout dépassement devrait être reporté en négatif sur le quota de l’année suivante. Dans les faits, on assiste le plus souvent à une amnistie en fin d’année en échange de la promesse de ne plus recommencer. Nous avons eu une proposition aussi intéressante que dissuasive a priori: Tout dépassement de quota serait reporté en double sur le quota de l’année suivante. Cette position est à mettre en relation avec une autre concernant les captures sous taille: Ces dernières seraient déduites du quota de l’année suivante assortie d’un coefficient inversement proportionnel au poids du poisson capturé. En d’autres termes, plus un poisson serait petit plus il pèserait lourd en termes de handicap pour l’année suivante.
Toutefois, pour séduisante qu’elles puissent paraître en première analyse, il faut se méfier de l’effet pervers d’une telle mesure: La pêche industrielle se caractérise par la vision à court terme et la perspective de profits aussi immédiats que possibles et il n’est pas certain que des menaces sur les droits de pêche à venir suffisent à engendrer la retenue.
Sinon, pour boucler sur du plus léger, nous avons eu droit hier soir à un dîner de gala pour la commémoration du quarantième anniversaire de l’ICCAT dans un château fort. Sebastian et moi-même avions oublié nos smokings mais personne ne nous en a tenu rigueur :->
Le temps se gâte, l’Adriatique commence à moutonner sérieusement; bref, pour la première fois depuis notre arrivée, elle commence à ressembler à une vraie mer… ou du moins à l’idée que j’en ai :->
-- Stéphan Beaucher, membre de la délégation de Greenpeace à l'ICCAT
Publié par cgreisch le 21 novembre 2006
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Commentaires:
dis-donc, ce serait bien de mettre en ligne sur nos pages "defendons les oceans" ou bien "sos ta mer" une liste de ces foutus bateaux illegaux ! En particulier ceux qui "appartiennent" a des armateurs europeens, voire francais !
Une sorte de liste-de-la-honte.
A propos, notre marine nationale et son patrouilleur LE GREBE dont une des taches est officiellement le controle des peches en Mediterranee: est-ce qu'il pourrait pas arraisonner ces bateaux IUU ? Avec un mandat de l'ICCAT et a la demande des autorites europeennes, ce patrouilleur pourrait faire du bon boulot dans les eaux internationales de Mediterranee ....
Ecrit par Francois le 22 novembre 2006
François,
Suggestions notées.
En ce qui concerne la liste noire, À réfléchir au printemps prochain pour la reprise de la campagne.
Pour le reste, c'est très compliqué, l'ICCAT n'ayant pas le pouvoir de demander aux autorités maritimes d'une partie contractante d'agir... Mais ici on est dans le "promis juré, on va voir ce qu'on va voir". Donc à suivre.
Ecrit par Stéphan le 23 novembre 2006