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25 novembre 2006ICCAT: Tout cela pour ça?
par Stéphan, à bord du Rainbow Warrior
25 novembre 17h - Les deux sessions plénières consacrées au thon rouge qui étaient initialement au programme pour aujourd’hui ont été ajournées pour permettre aux délégations américaines et européennes de poursuivre leurs consultations et aux chefs de délégation d’évaluer en temps réel les chances d’aboutir de leur texte. Dans une proposition, au-delà des propos généraux, il y a également ce que l’on ajoute en sachant très bien que l’on devra le retirer en cours de discussion et ce que l’on «oublie» d’insérer en sachant très bien que l’on devra l’ajouter. Qu’importe! Dans les deux cas, cela permet de montrer au camp adverse et aux indécis que l’on est conciliant, prêt à faire des concessions. C’est le jeu et c’est ainsi que se construisent les consensus…
Cette journée d’attente (sessions «bouche trou») est finalement bien tombée car cela m’a permis de consacrer du temps à la presse: Interviews pour les deux chaînes de TV françaises arrivées hier (France 3 et LCM) et vacation téléphonique avec plusieurs médias.
17 heures, salle comble; on reprenait le thon rouge! Qu’allions-nous découvrir? Deux délégations souriantes et détendues ou bien préoccupées.
Premier signe: les délégations avaient travaillé jusqu’au dernier moment: deux personnes les bras chargées de photocopies parcouraient la salle pour distribuer la nouvelle motion alors que tous les documents avaient depuis une semaine été placés dans les casiers des participants.
Le planning a voulu que nous commencions par le stock de l’ouest (Canada, Etats-Unis Mexique) pour lequel une motion de synthèse était déposée. Nous avons eu droit à un grand numéro de la délégation européenne qui n’a aucun quota dans cette région: critique en règle des mesures proposées, appel à l’avis du comité scientifique… Tout cela était destiné à impressionner le monde et à instaurer un climat de tension par le biais d’un rapport de force avant de passer au plat de résistance: Le problème méditerranéen.
Le négociateur européen a, en cela, reçu le soutien du délégué croate et marocain qui ont confirmé leur positionnement d’hier tandis que les conciliabules se multipliaient en pleine séance. Inutile de préciser qu’au bout d’une heure de passionnants échanges et débats sur le thon américain, les pêcheurs méditerranéens assis juste derrière nous commençaient à bouillir. On commençait par un problème de procédure: L’UE présentait oralement un document qui n’avait pas encore été traduit et dont personne ne disposait, alors que la version précédente de ce document n’avait pas encore été discutée.
Cet incident de procédure, que certains ont dénoncé comme une «maladresse» de l’UE suscitait des débats stériles, à tel point qu’à 18 heures 30, le président de séance, sur proposition du délégué européen lui même proposait une suspension de séance jusqu’à demain matin avec réunion immédiate des chefs de délégations.
Avec nos lunettes «greenpeaciennes», une question venait immédiatement à l’esprit: Le débat qui n’avait pas pu se tenir en France allait-il également être escamoté ici à Dubrovnik?
En poussant le raisonnement plus avant, est-il totalement absurde d’imaginer que l’UE n’aurait pas commis une maladresse mais plutôt qu’elle se serait livrée à un manœuvre dont elle ne pouvait ignorer le résultat? Toujours est il que l’avenir du thon rouge est en train de se décider en l’absence de tout observateur extérieur, que 50 personnes au plus vont, dans le secret le plus total se mettre d’accord sur le sort de ce stock que l’on sait au bord de l’abîme. On était en droit d’attendre mieux, surtout en termes de transparence…
Mexique: «les ressources halieutiques ne sont la propriété de personne»
-- Stéphan Beaucher, membre de la délégation de Greenpeace à l'ICCAT
Publié par cgreisch le 25 novembre 2006
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