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30 mai 2006La sur-pêche aux thons rouges
27/ 05/ 06 - Ce samedi matin 9h au départ de Barcelone l'Esperanza largue les amarres pour aller documenter les activités de la pêche au thon rouge. D'une pêche traditionnelle cette pratique s'est malheureusement déclinée en un processus industriel implacable pour les dernières populations de thons rouges en Méditerranée.Grâce à des repérages aériens et des équipements perfectionnés (radars et sonars) les thoniers-senneurs se rendent sur les frayères (lieux de reproduction) pour encercler les bancs de thons rouges à laide de filets appelés sennes tournantes. Une fois capturés ces poissons sont transférés à lintérieur de cages flottantes et remorqués jusque dans des «fermes délevage». Cest là quils sont parqués pour être ensuite gavés jusquà ce que leur chair atteigne un taux de lipides satisfaisant pour le marché de la gastronomie japonaise.
Non contente de ravager une ressource qui a déjà perdu 80 % de la biomasse de ses reproducteurs en 20 ans, et dont les quotas de pêche légaux sont par ailleurs explosés chaque année ( + 37 % en 2005), lindustrie de la sur-pêche aux thons rouges promeut également la sur-pêche des petits poissons pélagiques à travers le globe. En effet, il est nécessaire de pêcher au moins15 à 20 kg de poissons fourrage (céphalopodes, sardines, anchois ) afin de produire un kilo de chair grasse dans les fermes à thons. Cette «logique» de lengraissage des thons rouges contribue ainsi fortement au pillage des ressources halieutiques au large de régions connaissant déjà des difficultés économiques; cest notamment la problématique majeure des eaux dAfrique de lOuest qui sont régulièrement vidées par les pêcheries pirates.
De plus, lintroduction de cette nourriture exotique dans les cages de la Méditerranée augmente les risques de contamination des espèces locales et garantit une pollution fécale massive des écosystèmes ambiants.Cest donc dans le but de documenter et de mettre en lumière tous les abus de ce cercle vicieux que lEsperanza se rend sur les zones de pêche des thoniers-senneurs du bassin méditerranéen.
En chemin nous avons profité de la beauté dun site pour faire quelque plongées sous-marines afin dappeler à la mise en place dun réseau de réserves marines en mer Méditerranée.
-- François
Publié par cgreisch le 30 mai 2006
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Commentaires:
oui, il faut stopper cette spirale d'epuisement des ressources halieutiques. D'ailleurs, ces fermes d' "elevage" sont des fermes de simple engraissement, comme il n'y a pas de reproduction de thons rouges en captivite. Mais une question me tarabuste: d'ou vient tout cet argent qui a permis l'achat des navires thoniers-senneurs ultra-modernes, bourres d'electronique ? Dans les ports francais, j'ai vu au moins cinq nouveaux navires construits en 2004 et 2005. Les profits sont-ils si gigantesques quand un petit nombre de "patrons-pecheurs" s'enrichissent a partir des thons rouges de mediterranee ?
Ecrit par Francois le 31 mai 2006
Bonjour
Un témoignage parmi tant d' autres !
Depuis une douzaine d' années, je participe chaque année à quelques sorties de pêche aux thons.
Je peux vous confirmer que les thons deviennent de plus en plus rares.
Nombreuses sont les sorties où pratiquement aucun bateau de pêche sportive ne fait plus le moindre poisson.
Nous voyons bien des petits thons (-50cm) sauter en surface parmis les bancs d' anchois quand la mer est belle mais aucune prise pour nous de gros thons (+ de 25 kg)
La moyenne de prises oscille entre 11 et 15 kg et nous sommes satisfaits quand nous avons un seul thon à bord !!!
Nous voyons en mer de nombreux filets dérivants ou des lignes munies de flotteurs pouvant mesurer plusieurs dizaines de mètres.
J' ai pu observer en 2004, un thonnier sortir plusieurs dizaines (voir centaines) de thons après avoir piégé le banc avec un immense filet les contournant.
Protéger les thons va devenir indispensable avant de constater leur extinction totale en Méditerrannée.
La pêche aux thons dite sportive génère de nombreux emplois qui risquent de disparaitre tout simplement avec le coût du gas oil et ça avant que l'on interdise aux Japonais de piller toutes les mers du globe.
Pour nous, nos virées en mer, servent plus à faire des photos de dauphins, rorquals, cachalots, et même raie manta etc mais les photos ou prises de thons, cela relève du rêve !!!
@++++ AB
Ecrit par AUCLERE le 13 août 2006
What can be done, if the various sources for increased energy production do not fully offset the decline in oil and gas production? ,
Ecrit par Crazy31 le 23 octobre 2009